A TRIO FOR A HOUSEHOLD, A SHEITAN EXPERIENCE

Tous les soirs, on vient là, s’arracher dans le Quartier du Flon. C’est cool de se défoncer dans une propriété privée de 55 000 m2, quel luxe, vous arrivez à vous l’imaginez vous qu’une partie de la ville nous accueille avec un paillasson « Bienvenue » ?

 Nos parents nous ont raconté que dans les années 80, ça n’avait rien à voir ici, c’était un quartier « punk » et « alternatif », ma mère Hépatite Smith y jouait souvent avec son groupe. Aujourd’hui, le quartier du Flon c’est une allée illuminée par des magasins tels que Pompes Funèbres, Tesla Inc., El Diablo etc… et la banque Raeiffeisen. C’est une cuve, une cuve à fric. Pas de déboires, pas de risques de noyade. Ils mesurent nos plaisirs pendant que la rivière suit son cours sous le béton. A ciel ouvert, nos « boose » diffusent le rap d’Alkapot, on fait des glissades sur les rampes de nos rêves.

Ce samedi soir, le 7 décembre 2018, s’annonçait plutôt bien : on allait choper de la bonne came. Il était dix neuf heures quand Désiré ou La Chance nous la déposa devant notre halle favorite « Les Jumeaux » ; un ancien garage de motos qui était ce soir là réinvesti par des artistes à l’occasion du Festival Les Urbaines. A vrai dire, on n’en savait pas plus, c’était juste une enseigne lumineuse posée devant la porte d’entrée qui nous indiquait qu’il se passerait quelque chose. Cette manifestation artistique ne nous faisait pas changer de spot pour autant, on restait là devant les escaliers, tranquilles comme n’importe quel autre soir à « tiser ». Ça nous arrivait souvent que les flics passent nous faire un petit coucou avec leur corbillard. En fin d’après-midi, ils nous avaient sommé de quitter les lieux sans explication, ce à quoi Cosmé leur avait répondu :

- Alors quoi ? Quand on est sur la voie public ça va pas ? Et quand on est dans une propriété privée ça ne va pas non plus ? !

 

Les flics avaient raté la venue de Désiré ou la Chance. Sa descente nous réjouissait plus que la leur, ça c’était clair. Au moins avec la substance de Désiré ou La Chance on se tapait des belles montées et ce n’était pas que de l’adrénaline.

  Cosmé fouilla ses poches et sortit le fric. Désiré ou La Chance nous promettait qu’elle était « magique » et qu’on allait voyager dans le temps. Ce mec partait dans des logorrhées interminables, ponctuées par une toux grasse et des raclages de gorge, perché à vie dans son pays natal :

- Papa, Dada, Papa will be back soon…hum urfff… SploachSploach upon your shoulders…arf… hum... you wanna travel through time, SploachSploach, I can tell you that… hum hum… arf Arf…. this is the night for you… travel on your dada’s shoulders, SploachSploach….

Enfin, il nous fit un check à tous avant de prendre la poudre d’escampette. On le voyait tergiverser au loin et poursuivre ses joutes verbales adressées à ses pères morts dans le ciel et ses boots pleine d’eau faisait ce bruit qu’il imitait avec sa bouche tout en s’époumonant : « SploachSploach ». Sa démarche déséquilibrée défiait la configuration bien pensante du quartier.

 

 Quand Jenny m’embrassa dans le cou, une lumière rouge se répandit à l’intérieur des Jumeaux. Je percevais des techniciens faire des allers retours, on les sentait dans le rush. Sur les murs blancs, un bandeau peint en rouge parcourait toute la salle. Il ressemblait à un ruban de paquet cadeau. Cosmé m’envoya le parachute qui atterrissait dans la chevelure de Jenny, puis la substance s’éparpilla à l’intérieur de ses vêtements. On m’avait dit que c’était meilleur par le nez. Je lui priais de ne pas bouger. J’ouvris sa doudoune, je reniflais son décolleté qui était saupoudré. Elle riait de ma « fouille » :

- Ça me fait des chatouilles ! s’écria-t-elle en se raidissant.

  C’était de loin la plus belle du gang. On s’embrassait contre le mur. Elle sentait bon, je la respirais. Cosmé et les autres chahutaient, ils voulaient tous être DJ’ et changeaient de musique toutes les minutes. Dans la vitrine, un technicien corpulent au regard acéré nous fit signe de baisser le son avec ses mains, il n’en était rien, mes potes l’imitèrent comme s’ils étaient son reflet. Je remontais le zip de la veste de Jenny.

Le technicien souffla, oui il était saoulé, il mettait en route une vidéo : c’était un plan fixe d’un paquet cadeau à l’emballage argenté qui miroitait. Vous voyez le genre publicité de Noël… un espace dans lequel vous pouvez projeter vos désirs les plus fous. Une main gracieuse entrait dans le cadre et atteignait lentement le cadeau puis dénouait délicatement le ruban sans pour autant ouvrir le paquet. Ça me faisait le même effet qu’un strip-tease. La vidéo se terminait quand la main se retirait hors du cadre. Puis ça redémarrait du début, c’était une boucle.

  Soudain, j’entendis la porte des Jumeaux claquer, je tournais la tête un instant, tout en serrant Jenny contre moi. Dans l’obscurité, j’aperçus une figure à la démarche assez sexy qui s’approchait de notre groupe. Trois bras se balançaient le long de sa silhouette longiligne. Enfin, sous la lumière du réverbère, je distinguais sans aucun doute un homme au crâne rasé - sa robe était un patchwork de torchons verts, bleus et rouges. Sa manche droite pendait le long de sa cuisse et s’achevait par un gant aux doigts extrêmement longs. À la vue de ses avant-bras criblés de tatouages, je me disais que le reste de son corps devait l’être aussi. Deux tatouages retinrent particulièrement mon attention, sur chaque poignet, il portait des espèces de fœtus biscornus qui ressemblaient à des tasses assez design. Cosmé ne pu s’empêcher de lui lancer avec un peu trop d’assurance :

- Hé mec, t’es un service de table ?

- Oui c’est un peu ça, tu veux du Cenovis pour tartiner ta came ? lui répondit-il avec un grand sourire suisse. On va performer à 20h. Et on se demandait, à part ça, si vous pourriez pas baisser votre musique ou aller sur le trottoir d’en face ?

Cosmé resta bouche bée.

Jenny se détacha un instant de moi et lui rétorqua :

- Performer quoi ? Une scène de ménage ?

Le garçon nous regarda en souriant avec un regard noir, ses pupilles étaient dilatées. Je sentais qu’il n’avait pas envie de prendre la peine de nous délivrer une définition de la performance puis, finalement, il se lança :

- Ça dure juste un instant, des corps vont s’agiter là dans la vitrine… vous voyez ça donne sur la rue. Et autant que vous nous verrez et nous entendrez on vous verra et on vous entendra.

Jenny gardait la bouche ouverte et écarquillait les yeux comme si elle n’en croyait pas ses oreilles.

Avant que l’on trouve une sorte de commun accord, notre groupe derrière augmentait le son en guise de provocation, je décidais alors de ne pas m’en mêler, après tout ce n’étaient pas mes histoires. Mon corps voulait se fondre à celui de Jenny et je n’avais qu’une envie qu’elle arrête de faire sa meuf de téléréalité et qu’elle revienne dans mes bras, c’était trop violent cette déchirure.

Jenny pouffa d’un rire exagéré pour montrer sa stupéfaction avant de surenchérir :

- T’es qui pour nous demander de partir ?

Ce mec savait bien qu’il nous demandait l’impossible, mais il ne pouvait pas ne pas avoir essayé. Ses amis performeurs guettaient la contre-scène de l’intérieur de la vitrine tout en s’étirant.

- Vous êtes les bienvenus si jamais.

- Euh ouais… t’es pas chez toi. On vient ici tous les soirs, la rue c’est à personne, c’est pas « une propriété privée » répondit Jenny en élevant l’annulaire et l’index de chaque main en guise de guillemets.

Ses pupilles étaient aussi dilatées.

- Apparemment on est chez les groupes LO et Mobimo. Anyway, SploachSploach.

Il avait compris que ça ne servait à rien d’insister. C’est alors qu’il tourna les talons et marcha vers les halles. Je ne réagissais pas tout de suite à ce qu’il venait de dire, mais ce mot « SploachSploach » faisait écho à ce que Désiré ou La chance hurlait au loin.

- T’as dit quoi là ? m’écriais-je un peu à contre-temps.

Le grand mec ne se retourna pas et entra dans Les Jumeaux. Il avait feint de m’ignorer. Le froid gelait mon visage et mes dents grinçaient déjà. « SploachSploach », évidemment que j’avais pris ça pour une insulte de sa part.

Je demandais à Jenny :

- T’as entendu ce qu’il a dit à la fin ?

Elle ria, bascula sa tête en arrière tout en s’accrochant au col de ma doudoune.

- Qu’est-ce que tu dis ? S-p-l-o-a-c-h-S-p-l-o-a-c-h ? Jamais entendu ça !

Elle me fit perdre l’équilibre et m’embrassa. Les spectateurs commençaient à arriver, malgré la proximité, ils faisaient comme si nous n’existions pas et établissaient une distance avec nous alors que nous partagions la même rue.

 

  Je tirais Jenny contre moi, sa tête posée par-dessus mon épaule, on pouvait rester des heures comme ça l’un contre l’autre dans le froid. Tandis qu’on se serrait de plus en plus fort, je voyais encore cette vidéo tourner en boucle. Ce paquet cadeau ne s’ouvrirait jamais et je pouvais y mettre tout ce que je voulais dedans. J’y jetais du sable bleu et mes plus grands souhaits ; comme celui qu’un jour on soit tous capable de digérer du plastique et que ce que je vivais avec Jenny dure pour toujours.

« SPLOACHSPLOACH » songeais-je encore, était-ce un mot de passe pour entrer dans une soirée secrète ? J’avais dû mal à m’imaginer une personne porter un tel nom. Je voyais les attributs d’un personnage : une botte blanche de drag-queen tachée de boue qui tournait sur un plateau éclairé par une lumière verte ou une main bleue vernis de rouge dont les veines vertes battaient leur plein ou encore un trône avec des sacs poubelle par-dessus. SploachSploach me répétais-je intérieurement. Etait-ce un pays, du papier toilette, un stupéfiant, une start-up, un virus, un fast-food, un aéroport…

  Les performeurs s’échauffaient de manière peu commune ; ils étaient trois à se monter les uns sur les autres, à se frotter, à se secouer, à se laisser tomber, à se tirer les membres. Le public, le visage éclairé par leur Iphone, entrait petit à petit dans Les Jumeaux, ils sillonnaient le sol froid d’un pas léger et silencieux avec leurs baskets Triple Balenciaga. A l’intérieur, ils gardaient tous leurs longs manteaux et leurs toques en fourrure et savaient qu’ils resteraient debout pendant environ quarante minutes.

Ce paquet cadeau avait quelque chose de magique. Sur son emballage miroitant, j’y voyais des formes s’agiter et me dire : « welcome Mister Smith, such a long time we have not seen you, you changed your hair ?! ». Je dois dire que c’était assez déconcertant car je n’avais jamais vu ces gens auparavant. Et ma coupe de cheveux, une boule à zéro était toujours la même depuis dix ans. Je me retrouvais avec ces gens, chez eux – le sol était jonché de serviettes de bain blanches et on pouvait y lire de drôles d’inscriptions comme : « Never forget to flush Even if you are in a rush Learn how to use the brush ».

Ce n’était que le départ de mon trip, j’entendais au loin Désiré ou La Chance qui hurlait « SploachSploach », ce qui pouvait être au début un nom se transformait à force de répétition en une onomatopée. La prononciation était ralentie comme si sa bouche était pleine de glaires. Il y avait quelque chose d’enfantin, de dégoûtant et de drôle dans ce son distendu.

Je percevais une colonne dorique qui fumait des cigarettes cubaines et qui me demandait : «  How can you live when you think your heart is bigger than your asshole ? ».

Mes potes commençaient à s’approcher des vitres et à faire des signes tapageurs aux spectateurs et aux performeurs. Ce chahut m’écarta de ma vision et détourna un instant le public de la performance. Pour la majorité d’entre eux, ils nous lancèrent un regard de mépris, prosternés devant la performance à en décrypter le sens. Je pouvais lire une variété de jugements et d’émotions dans leurs yeux : une kyrielle ressentait de l’empathie pour les performeurs qui continuaient coûte que coûte malgré le chahut à exécuter des gestes précis. Cette variété de spectateurs là se sentait impuissant face à la situation et nous suppliait du regard de nous calmer. D’autres se disaient « toujours les mêmes » et nous fixaient avec dédain avant de reprendre le filon de la performance. Et puis, pour une poignée de spectateurs à l’œil pointu, nous étions figés en une image. Nous devenions des complices de la performance ; ils trouvaient la situation extrêmement intéressante et pensaient à un futur papier digital.

  Jenny tremblait de plus en plus fort, ses secousses me firent revenir à moi un instant. J’insufflais de l’air chaud dans sa nuque, puis mes pensées se faisaient aspirer par ce paquet dont l’emballage argenté me renvoyait à mon inconscient. Apparemment je n’étais pas le seul à voir quelque chose dans le paquet, puisque mes amis, je ne savais le dire, s’ils se tordaient de rire ou de sanglots, réagissaient.

Cette fois, je vis une jeune femme en couche avec un costume en toile de jute mi-médiévale mi-cowboy accroupie dans une position de grenouille, elle crachait un chou de Bruxelles en visant les visages de ceux qui l’entouraient. Elle le rattrapait toujours avant qu’il ne percute celui du mec à la robe à torchons et d’une fille aux épaulettes démesurées qui lisait ses serviettes de bain avec une attitude de « papa ». Cette dernière lui enleva la couche et la balança sur le public.

Mes potes commencèrent à devenir fou, à éructer des bruits de dégoûts, endiablés par ce qu’ils venaient de recevoir : une trace verte au fond de la couche qui dégageait une odeur nauséabonde. Cosmé vomissait avec le sourire de l’ange. La fille n’était pas nue sous sa couche, mais portait une culotte rose flashy avec des fleurs dessus, c’était son jardin secret.

Cette fois mes potes tapèrent sur les vitres, ce qui attirait le regard foudroyant du public. A la synchronisation de nos réactions, je compris que nous partagions la même vision, cela ne faisait plus aucun doute. En fait, il faut croire que nous étions choqués par nos désirs qui se percutaient et prenaient vie sur ce paquet. Etait-ce les fantasmes Hentaï de Cosmé, ou bien ceux de Judith ou de Salomé qui prenaient le dessus sur les miens ? Je m’écartais un peu d’eux tout en emmenant Jenny avec moi. Je l’entendais grogner. Il semblait que des visions se disputaient la surface miroitante du papier cadeau puisque se superposaient, se chevauchaient des formes. Je me plaçais dans un meilleur angle pour voir la vidéo, mais Jenny faisait tout pour me faire pivoter sur la droite. Elle me dit :

- Je vois plus

- Quoi, tu vois plus ?

- La vidéo avec le paquet cadeau

- Comment peux-tu la voir alors que tu es dos à la vitrine ?

- La vidéo se reflète dans la vitrine de la Halle qui me fait face.

Je laissais Jenny se replacer et m’arrangeais pour voir aussi la vidéo. Nous restions collés l’un à l’autre, nos cœurs battaient au même rythme. Nous ne le savions pas encore, à ce moment là, que nous étions trois, qu’entre nous, il y avait cette chose qui grandissait dans son ventre. Ce que je ne savais pas encore non plus c’est que j’allais faire le lâche et partir en courant.

On assistait sans le vouloir à un spectacle démoniaque, nous étions dans le salon du SploachSploach et je peux vous dire qu’il faisait froid malgré le brasier et les lueurs rouges sur nos visages. On sentait son souffle nous aspirer, on était à l’intérieur de ses narines, la lumière ne faisait qu’éclairer la rougeur de ses vaisseaux. Nous étions en Enfer !

Tout était renversé sur ce paquet argenté, mais bon on était quand même en 2019. On le savait bien que le monde se secouait, et on ne faisait que se secouer avec lui, ce qu’ils recevaient ce soir ne fût que des petites éruptions volcaniques. Si l’on se laissait faire le monde entier deviendrait tôt ou tard : un Quartier commerçant Arts et Divertissement – Services Publics. Un truc bien dosé, pas comme cette substance !

Je regardais encore cette maudite vidéo fixement en grinçant des dents. Elle  coupait au moment où le paquet cadeau allait s’ouvrir pour revenir à son état initial : parfaitement empaqueté et noué. Je voyais clairement trois personnes qui se mirent dans une position d’accouchement, la tête posée sur le sexe des uns et des autres, formant une chaîne, une pyramide à l’horizontale à même le sol.

- Je sais pas pourquoi j’ai envie de chialer me chuchota Jenny dans l’oreille avec des sanglots dans la voix.

Sa plainte me semblait si lointaine que je n’arrivais pas la force de la consoler, comme une impossibilité de l’atteindre alors que nous étions collés l’un à l’autre.

Ils étaient en train de donner naissance à une « nouvelle forme » : c’était ce que soutenait la colonne qui sentait le monde et ses constructions sociales défaillir, comme les héritiers désargentés laissent la toiture de leur manoir s’effondrer. La colonne suait et nous étions de plus en plus entraînés dans la vision, ce que nous renvoyait le papier miroitant, ce que je prenais pour ma vision, déchaînait chez les autres une haine sans nom.

Au même moment, mes amis hurlèrent en choeur « Sheitan ». La colonne dorique leur renvoya l’offense du tac au tac : « You are Sheitan ». Ils donnèrent des coups de tête sur les vitres jusqu’à s’en fendre le crâne. C’est alors qu’ils s’écrièrent plus fort : « Sheitan Sheitan Sheitan ! ». Le technicien sortit des Halles et poussa les plus agités hors de la vue des spectateurs. Jenny se cramponna à moi qui restais impassible. Le sang giclait. Les spectateurs continuaient à regarder la performance ou au mieux filmaient le dégradé de rouge qui s’écoulait sur la vitrine pour leur Story Instagram. Nous ne pouvions nous calmer. Et au loin retentissait comme un orage « SploachSploach » qui recouvrait les cris de mes amis qui continuaient de s’écrier « Sheitan ».

« SploachSploach » sorti comme un murmure de la bouche de Jenny. Je collais ma main sur sa bouche. J’avais la sensation qu’elle nous mettait en danger et que tous nos potes pouvaient se retourner contre nous. Puis la réflexion du paquet cadeau reprit de plus belle. Les performeurs se répandaient sur sa surface, ils nettoyaient avec des mouvements circulaires le sol et l’air. Il était difficile à dire s’ils lavaient leurs corps avec l’espace ou s’ils lavaient l’espace avec leurs corps. Je crois qu’ils faisaient les deux. Le mec aux torchons était détendu tandis que la fille à la toile de jute avait une danse plus dynamique comme atteinte d’un trouble obsessionnel compulsif.

Le ménage à trois n’était qu’un moyen parmi d’autres de ne pas être seul et de faire la vaisselle ensemble. Autant que la famille nucléaire cette représentation du poly-love était un échec.

Jenny se détacha de moi pour de bon cette fois, elle fit quelques pas en avant me délaissant derrière elle sans m’accorder un regard. Je ne la reconnaissais pas et encore moins quand elle se mit à parler :

« SPLOACHSPLOACH ! Pour en être membre, c’est très simple, il suffit d’avoir lu ou entendu son nom. Une seule fois suffit pour le sentir résonner en vous à l’infini. Bienvenue. »

 

Signé Walter Smith, membre du SploachSploach.